Démarche Analytique

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    Le Féminin s'impressionne

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    René Bommelaere
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    Le Féminin s'impressionne

    Message  René Bommelaere le Mer 21 Déc - 12:58

    Le féminin :
    le féminin dans l'être propose une capacité de suppléance, ses capacités permettent de construire une représentation, une réalité vécue non objective qui peut par suite être mémorisée comme une vérité.
    Cette construction : perceptions -- représentation -- réactions peut être mise en place -- à tort, à raison -- avec les instances surmoïques pour élaborer et conforter, pérenniser une décision.
    Cela s'utilise avec aisance sous l'égide de la névrose, face au dilemme du choix, de la décision en conscience... ainsi, si les instances surmoïques sont prioritaires (les désirs de toute-puissance et le regard des autres mis en avant), nous pouvons nous prouver à l'aide d'une perception construite -- sous forme de justifications de conduite -- que la représentation vécue est profondément objective.
    Par suite je peux tout faire pour croire à cette réalité objective afin d'affirmer que je dois rester dans cela ou que je dois choisir cette voie là et que j'ai raison de faire ce choix Je peux donc le répéter, le dire à l'autre, afin de m'en persuader de plus en plus.
    Aussi quand le doute parfois s'installe je reviens -- en rappel -- à cette suppléance construite. Elle sert, nous le comprenons, à entériner notre plan de conduite pour positionner les intentionnalités de toute-puissance que nous avons projetée et dont nous ne voulons pas nous séparer.
    Je précise donc face à un choix, je me crée un film, une situation qui répondra aux désirs surmoïques, par suite je peux désirer entériner le film construit que je peux réutiliser pour chasser les éventuels doutes.
    Ainsi, il suffit à un moment de me jouer dans la susceptibilité, pour interpeller, et essayer de culpabiliser l'autre : « tu m'as fait cela, à cause de toi tout le monde a ri de moi, j'étais humiliée par ta façon de faire, de me parler, de me regarder, de me négliger, de trop être présent, de regarder les autres, de m'étouffer par ta présence, de m'ignorer par ton absence, de te mettre en valeur, de réussir tout ce que tu fais, ou de ne pas être capable de faire cela... »
    -- si celui qui est interpellé est touché au niveau de la culpabilité, nous pouvons nous assurer des processus de régressions qui s'exprimeront. (Et les utiliser dans la relation)
    -- s'il prend de la distance, cela justifiera d'autant plus la suppléance que je veux percevoir (la situation transférielle, scénarios et jeux d'acteurs) que j'ai construit pour répondre à mes intentions surmoïques.
    Ceci, nous le comprenons , est mémorisé comme une réalité objective ... Et si, les résistances au changement sont présentes (elles le sont toujours) il n'y a pas lieu de le percevoir et de le modifier.
    Voilà donc une façon de croire et d'entériner ce que nous sommes capables de simuler, de procréer et de mémoriser comme une vérité. Comme cette mémorisation garantie et préserve « le désir de puissance » le déni et le défi sont à l’œuvre.
    Le but d'avoir « en main » les capacités d'infantiliser l'autre par des culpabilisations, par des interpellations qui le fragilisent... Nous posons là, notre attention sur une base de construction des relations, une base qui se joue et se construit au quotidien -- à des milliards d'exemplaires --. Peut-on se donner les moyens de s'en sortir ? Ma réponse est oui ! un rééquilibre des perceptions et des actions est possible pour tous les êtres -- s'ils le désirent --.
    La suppléance : Implique le féminin dans l'être, dans sa capacité à inventer des histoires, d'y croire et de désirer vouloir y entraîner les autres.


    Les simulations :
    L'utilisation des simulations pour se grimer dans un rôle, pour imposer notre scénario implique des possibilités de réponses, plus ou moins inconscientes, pour faire face aux situations.
    -- Soient les réponses aux conséquences de l'hontologie (sauver la face) « être pris la main dans le sac et détourner l'attention à l'aide de la mise en place d'un symptôme »
    -- Soient des réponses à des choix, des décisions sur lesquelles l'individu ne sait pas agir pour lui, là, les processus inconscients pathologiques créent cette suppléance...

    La suppléance, une fantasmagorie qui amène l'individu à se vivre -- dans le subjectif -- en se croyant dans la réalité objective... C'est alors pour lui vécu comme une vérité, une certitude indiscutable, car cette construction s’inscrit sur -- les ferments fondateurs -- sur lesquels s'étayent et se justifient, le choix, la décision.
    Nous sommes dans une forme transférielle où l'être est totalement aveuglé par les processus inconscients.
    Le choix, cette décision, nous le précisons est une réponse des processus inconscients masqués par les jeux de pouvoir et d'espoir de toute-puissance mis en place (jeux de pouvoir qui restent les garants, l'assurance de la réussite espérée.
    D'où les résistances au changement et la réponse qu'ils impliquent.

    Rappel : C'est dans la dynamique de l'action que le sujet prend forme. L'inhibition d'action, les réactions, freinent et bloquent l'évolution au bénéfice des instances surmoïques...
    Nous pouvons préciser que l'imaginaire est au service des intentions intuitives prévaricatrices, quel que soit le scénario et les jeux d'acteurs élaborés dans le cadre de la suppléance (un processus inconscient) .

    La notion de conscience propose ses actions dans l'accueil et en adéquation à ce que propose la vie -- ici, pas de volonté, mais seulement l'effort de s'y poser, dans la continuité de ce qui se présente, sans crainte de perdre du lien avec l'autre quel qu'il soit.

    Nous ne sommes qu'humain, le côté divinisé de l'être s'exprime par la conscience d'être dans le ressenti, dans l'effort, dans les plaisirs issus de l'expression de notre sensibilité de vie qui prend de plus en plus sa place.
    La faculté de construire -- de la conscience -- détermine le sapiens sapiens que nous pourrions être. Mais la conscience que nous pouvons appréhender par des étincelles fournies dans une certaine inconscience n'est pas donné. Pour chaque être, sur ces prémices, il est proposé de construire, de préciser, de permettre et d'accueillir -- seulement avec des efforts en conscience -- les plaisirs, les motivations qui découlent de la conscience.
    Celle-ci dans la mesure de ce qui est construit ne peut s'exprimer -- avec la conscience que suppose d'être simplement conscient -- elle s'exprime et se construit dans la capacité à s'installer en soi... Et en action pour soi...
    Cela interpelle les signifiants : Être -- Sujet -- Moi -- effort -- plaisir de se construire -- être responsable de tout ce que l'on est -- en capacité à se ressentir -- à se vivre au présent -- dans l'accueil...
    La conscience -- qui nous est possible -- se situe en soi, seulement en soi.

    Que peut-on Simuler :
    Simuler : -- d'être heureux, -- du bonheur, -- de la joie, -- d'être dans le dépit, -- de la colère, -- d'être déçu... – les différentes formes d'expression ou de souffrances cela fait partie de l'art du féminin en nous, dans la formulation d’état d’être, pour obtenir de l'autre...

    La souffrance, les souffrances nous le rappelons sont des vecteurs d'interpellation de l'autre, elles sont le support, les piliers de soutien des plaisirs supposés de jouissance, de puissance sur l'autre.
    -- de même l'autre ne peut pas nous faire souffrir, mais au nom d'une attente, d'un espoir, d'un jeu de pouvoir, d'un désir sur l'autre, je peux me faire souffrir.
    -- les défis antérieurs qui se sont mis en place sur nos images archaïques sont et restent prioritaires dans les choix inconscients -- au présent --.
    Ainsi il n'y a pas de nouvelle relation possible (au sens différente dans leurs formulations) si nous n'avons pas fait le deuil de nos anciennes espérances déçues......
    Effectuer ce deuil consiste à accepter : l'altérité -- la castration première -- d'être assujetti, en soi, à la fonction paternelle. Cela peut s'énoncer simplement « être en confiance dans l'accueil de la vie », « ne pas se construire sur du romantisme ou des vues d'esprit , mais au quotidien s'installer en confiance dans l'accueil et dans l'action , ainsi s'écrit le roman de notre vie » celui que nous propose la vie.

    Voici un quaternio qui peut être aussi bien utilisé sur un plan constructif et positif que d'une façon inconsciente négative :
    l'imprégnation -- l'impression -- imprimer -- mémoriser -- (imprimatur)
    s'imprégner -- s'impressionner – s’imprimer -- et mémoriser en conscience –

    Quelles sont -- les histoires-souvenir -- auxquelles vous tenez le plus ou que vous avez vécues ces derniers temps?


    _________________
    C'est avec un certain plaisir que je me propose de répondre à toute question qui serait susceptible de vous aider à mieux comprendre mes propos -- aussi n'hésitez pas --
    René Bommelaere

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