Démarche Analytique

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    Le refoulé

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    Messages : 79
    Date d'inscription : 17/05/2009

    Le refoulé

    Message  Admin le Ven 13 Juil - 16:56

    Le refoulé :
    Freud dans ses travaux propose d'entendre le refoulé comme une notion clé de la psychanalyse...
    Mais que refoule-t-on, qu'est-ce que nous ne voulons pas entendre, pas voir... ?
    Qu'est-ce qui se cache et cherche par tous les moyens -- avec inconscience -- à se protéger ?

    Aux prémices il est découvert que ce sont des événements -- dits traumatisants -- que nous avons subis ou fait subir, où nous avons reçus -- donnés, échangés, commercés... Sur des axes où l'interdit du surmoi sévit.
    Exemple :
    -- j'ai fait cela..... À mon frère
    -- j'ai vécu cela..... Avec ma sœur
    -- mon père m'a fait cela.....
    -- ma mère m'a fait cela......
    -- j'ai vu mon père, ma mère dans leurs ébats amoureux, j'ai perçu le coït parental, je me suis fait détroussé par le curé... Je prenais un grand plaisir à l'intromission du suppositoire par l'infirmière de service, je me pâmais sous les fessées que m'infligeait, papa, maman, ma tante, mon beau-père, etc. ...
    Il est donc par suite proposé que si cela est dit, exhibé, une amélioration se propose...
    En fait, une sorte de confession, où par suite nous recevons l'absolution...
    Certes cela, selon la sémantique, s'entend comme le refoulé : une histoire que l'on se raconte avec plus ou moins de préliminaires.
    Au détour de la démarche psychanalytique nous percevons, si nous le désirons, qu'en fait cette histoire est exhibée dans le but -- non-dit -- de faire écran, de défocaliser l'attention... Sur des questionnements de base que nous pourrions nous proposer : « à quoi cela a-t-il servi de vivre cela, de cacher cela, puis d'exhiber cela... ?»
    Prenons conscience que derrière « ce refoulé là » (nous l'appellerons secondaire) peut s'entendre le sens, le but, du refoulé premier-primordial , celui qui est hors texte : « le phallus, s'exclame-t-on ! ». Mais comme le concept énoncé n'est trop souvent qu'une peau vide, l'énoncé devient un autre paravent, un leurre complémentaire...
    Prenons une séquence simple :
    Il est énoncé en analyse : « mon copain, ma copine, « me colle », sa jalousie (à entendre comme non justifiée) perturbe mon existence ».
    Ce genre d'énoncé interpelle la préservation de la liberté, de l'indépendance, de l'autonomie où le consensus du groupe s'implique spontanément : il est ainsi affirmé que « l'autre exagère » !
    Bien !
    À quoi cela sert-il d'énoncer cela ?
    -- le coupable de nos difficultés c'est l'autre.
    -- moi je suis plus que correct.
    -- en touchant le consensus du groupe j'ai sa bénédiction.
    -- et je sais ce que je peux faire, il est affirmé par le groupe qu'il est indispensable de protéger ma liberté, mon indépendance, mon autonomie...
    Or,
    -- cette liberté, indépendance, autonomie nous le savons n'est qu'un leurre, car initialement -- pour tout être -- les processus inconscients surmoïques agissent aux fins d'assujettir, d'automatiser, d'aliéner le sujet, cela se fait en continu depuis la nuit des temps...
    En fait, la personne qui énonce cela masque le fait qu'elle se trouve par des jeux de convoitise :
    -- à prouver aux autres que son partenaire objet tient à elle et qui lui est assujetti.
    -- qu'elle a les moyens « de collectionner d' autres objets ». (C'est-à-dire me produire dans des jeux de séduction mis en place pour sur-compenser, entre autres, les sentiments d'infériorité, les sentiments d'impuissance...)
    -- que ses jeux d'emprise, de suggestions, dits de pouvoir sur l'autre fonctionnent.
    -- qu'elle va s'autoriser à être libre, autonome, indépendante, ce qui n'est pas l'apanage du tout venant...
    -- etc.
    Ainsi nous entendons (sous le voile, derrière l'histoire, qu'elle exhibe avec tant de conviction qu'elle peut y croire), que les jeux d'emprise, de domination, de puissance sont à l’œuvre. Nous sommes là, pour ceux qui veulent le voir, au niveau du signifié premier, le refoulé primordial : le désir de toute-puissance -- de toute jouissance.
    Certes, celui-ci n'a pas lieu d'être, il est abêtissant, c'est la non vie qui s'implique, nous sommes là dans l'antre du principe de mort, thanatos. (Et là, dans cette découverte, peut commencer le travail réel).
    C'est simplement cela que nous pouvons entendre et soigner en nous.


    René Bommelaere

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