Démarche Analytique

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    Pour mémoire le pervers

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    René Bommelaere
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    Pour mémoire le pervers

    Message  René Bommelaere le Ven 26 Aoû - 8:29

    ]size=13]Pour mémoire le pervers

    Pervers « Est pervers ce qui détourne une loi, une règle -- pour un surplus de plaisir, jouissances » parfois à l'insu du sujet lui-même ! À son insu, peut-on dire à tel point qu'au lieu « de plaisir – de jouissances perçus comme parfois vécus » il souffre, il se -- tyrannise -- se positionne dans un état de morbidité -- sans bien le savoir, le reconnaître.

    Une question : Est-ce que la normalité névrotique ne possède pas ces bases perverses et ainsi proposerait -- cette même morbidité -- à l'ensemble « des normopathes. »
    Ou les normopathes, sont-ils beaucoup plus, malades, que nous désirons le supposer ?

    Pour ma pratique personnelle et clinique, je le perçois, le vit quotidiennement; est-ce à dire qu'entre autres -- le voyeurisme, l'exhibitionnisme, le fétichisme, le sadisme, le masochisme... – sans oublier l’agressivité cannibalique et le désir d’emprise sur l’autre feraient partie de « notre pain quotidien » -- en ce qui me concerne, c'est une évidence ; je perçois cela de moi et des autres... -- pures ou simples projections ! Peut-on s'exclamer ! Peut-être ! ...
    Mais il me semble avoir lu : « L’inconscient est problématique pour l'être, quand celui-ci se refuse de le voir. » (Jung)

    Ainsi donc, lorsque la pulsion d'emprise ou/et la libido  sont déviés de leur but  -- pour être utilisées plus ou moins inconsciemment, le plaisir est ainsi perverti à tel point que l'être n'est plus dans l'état de s'en donner en rapport à sa vie ;

    Ce manque de plaisir l'implique dans les jeux d'interpellation/séduction d'où l'utilisation :
    de la frustration, la simulation, l’insatisfaction, la distanciation

    Ils sont communs à toutes les cultures et se retrouvent -- par les souffrances qu'ils occasionnent -- sur les plans :
    physique,     psychique,     relationnel     et comportemental –
    à engendrer l'usage de l'éventail de toute la psychopathologie.

    Les jeux de volonté, le désir de pouvoir sur l'autre, se retrouvent dans les structures : névrotique, perverse, psychotique et par évidence dans les états limite ; certes, les artifices culturels, l'illusion des religions dans un premier temps nous éloignent de leurs perceptions ; mais la démarche psychanalytique permet aisément de les rencontrer.

    Ainsi, les jeux de stratégies, d'anticipations, dans ce qu'ils ont d'inconscient « selon les mécanismes de défense : le déni, le refoulé, le rejet... qui agissent, par suite, comme des résistances aux changements » sont utilisés dans l'être pour ce désir d'emprise sur l'autre ou pour se défendre de ce que l'on pressent implicitement dans la relation à l'autre.
    les interdits surmoïques marqués par le conditionnement des religions, la moralité des cultures, agissent comme un leurre qui focalise l'attention et ainsi, empêchent de percevoir que les jeux de pouvoir sur l'autre, dérivés de la volonté de toute-puissance, toute jouissance ont tendance à dominer et à utiliser -- pour les servir -- toute la panoplie d'aptitudes psychopathologiques de l'être.

    Ainsi en donnant de l'importance à la panoplie consciente et rationnelle, on scotomise, les souffrances, de la misère relationnelle et sexuelle vécue dans la normalité dite non pathologique.

    Face à la fonction du nom du père, il peut s'entendre, que nous trouvons des personnalités qui acceptent  plus ou moins de s'y soumettre, d'autres qui font comme si, d'autres qui se positionnent dans -- le pas toute --.


    Pouvons-nous entendre que par le lien social, les névrosés peuvent aussi utiliser, mais non-dit -- le comme-ci -- et « le pas tout » ; de plus, l'agencement de la normopathie, perverse, qui semble s'installer, « se généraliser » dans le groupe humain, ne fait pas l'impasse sur le refoulé et le pas tout...

    Le pas toute, de Lacan pourrait être entendu comme ce qui se situe dans les comportements féminins en l'être, dans le sens je ne suis pas entièrement sous... Ou il y en a quelques-unes qui y échapperaient, et le comme si, on s'en débrouille, on fait avec, on s'en arrange peut amener à percevoir plus ou moins inconsciemment l'autre comme un objet partiel, que je pourrais utiliser à ma guise.

    Ce n'est pas, de fait, ce qui se montre sur la scène qui devrait attirer notre attention pour désigner la perversion, mais plutôt ce qui beaucoup plus subtilement, -- ne se dit pas -- ne se voit pas -- ne s'entend pas «  le non-dit  » la cause première du pourquoi nous ne  voulons  pas voir, entendre et ne pas dire...

    extrait : Anima –– Animus  le lien, les désirs, la fonction  2016    René Bommelaere
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    C'est avec un certain plaisir que je me propose de répondre à toute question qui serait susceptible de vous aider à mieux comprendre mes propos -- aussi n'hésitez pas --
    René Bommelaere

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