Démarche Analytique

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    Sentiments et désir (ou désirs)

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    René Bommelaere
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    Sentiments et désir (ou désirs)

    Message  René Bommelaere le Mar 6 Nov - 10:11

    L'élaboration de l'objet partiel nous intrigue au point -- de ne plus rien savoir -- de ne plus entendre -- de ce qui nous mène -- un jeu hypnotique de focalisation (hypnos n'est jamais loin).
    Socrate rétorque à Alcibiade :
    « tout ce que tu viens de faire là, et Dieu sait que ce n'est pas évident, eh bien, c'est pour Agathon. Ton désir est plus secret que tout le dévoilement auquel tu viens de te livrer. »

    Occupe-toi de ton âme ! De quoi est faite cette âme, ce qui nous anime, la réponse s’implique, entre autres, par l'étude approfondie de l'association des signifiants : désir -- plaisir, dans chacun d'eux pris à part pour être entendus dans leurs fonctions, afin d'élucider ce qu'ils construisent ensemble. Disséquer les émotions et les sentiments, les motivations et les réactions – actions, permet de mieux entendre l'agencement de ce qui se montre et de ce qui se cache.


     « Car le désir dans sa racine et son essence, c'est le désir de l'Autre,...Et c'est ici qu'est la naissance de la notion d'amour.
     Ce désir se manifeste toujours pour autant que nous ne savons pas. Et Ruth ne savait pas ce que Dieu voulait d'elle, il fallait tout de même qu'il fut question que Dieu voulût d'elle quelque chose. Et si elle n'en sait rien, ce n'est pas parce qu'on ne sait pas ce que Dieu voulait d'elle, mais parce qu'à cause de ce mystère, Dieu est éclipsé --mais il est toujours là.. »


    D’où la fonction archétypique qui anime :
    Les concepts d’Anima et d'Animus que l’on dit non intégrés, non différenciés, pour parler des représentations erronées du logos prennent nécessairement leurs positions ici, ils nous parlent de la toute-puissance de l'intellect, des jeux de connaissances transformés en savoir pour supposer avoir le pouvoir.

    (Nous sommes dans le rapport à la déification extérieure d’où découlent l’investissement, l’assujettissement à la fonction divine et les rôles supposés attendus)
    À préciser alors le jeu de focalisation (l'état d'hypnose du sentiment amoureux) ; je pose toute mon attention sur le sentiment et j'en oublie ce qui le mène : le désir.
    Je pose mon attention sur l'objet -a- et j'en oublie, je dénie, je refoule mes intuitions premières, je ne veux pas voir, ce qui n'est pas présentable, la volonté d'emprise pour elle-même, le désir dans sa racine c'est le désir de l'Autre; ce qui s'imagine, ce qui se pense en ce lieu, mais aussi ce que l'on pense, que l'on espère trouver là -- le phallus --, dans sa toute-puissance, son omniscience, son omnipotence, qui se suppose à mon service pour accéder à la jouissance toute.


    _________________
    C'est avec un certain plaisir que je me propose de répondre à toute question qui serait susceptible de vous aider à mieux comprendre mes propos -- aussi n'hésitez pas --
    René Bommelaere

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